Espace François Mitterrand à TARASCON

Les séances Ciné9 sont ouvertes à tout public

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   mercredi 22 juillet  21 h   

Nino et Yasmina tombent amoureux dans la cour de leur école à Beyrouth, et rêvent à leur vie d’adulte, à un monde merveilleux. 20 ans plus tard, ils se retrouvent par accident et c’est à nouveau l’amour fou, magnétique, incandescent. Peut-on construire un avenir, dans un pays fracturé, qu’on tente de quitter mais qui vous retient de façon irrésistible ?

de Cyril ARIS
Liban, sortie en salle le 18 février 2026, 1h50

critique-film.fr:

Prix du public de la sélection Giornate degli Autori (l’équivalent de la Quinzaine des Cinéastes du Festival de Cannes) au Festival du film de Venise 2025, Un monde fragile et merveilleux est le premier long métrage de fiction réalisé par le monteur libanais Cyril Aris. Un monde merveilleux, c’est ce que, dit-on, était le Liban il y a plusieurs dizaines d’années, du temps où ce pays était appelé la Suisse du Moyen-Orient. Un monde fragile, c’est ce qu’est aujourd’hui le Liban, miné par les conflits internes entre communautés et par sa proximité géographique avec Israël et la Syrie. De nombreux habitants ont choisi l’exil, d’autres envisagent de le faire. Au sein des familles, au sein des communautés d’amis, l’exil fait qu’on se quitte tout en espérant se retrouver plus tard dans ce beau pays, lorsque la résurgence d’une situation apaisée aura permis le retour espéré.

Plutôt que d’évoquer cette situation au travers d’une histoire pleine de désespoir, convaincu que, dans son pays, il y a malgré tout autant de chaleur que de dévastation, Cyril Aris a choisi de faire de son premier long métrage de fiction une comédie romantique dont l’action se déroule sur une trentaine d’années. 

lebleudumiroir :

Épousant de manière très académique les codes de la comédie romantique — un travelling dévoilant les amants marchant sur les capots des voitures, les silhouettes de Nino et Yasmina s’embrassant sous un tunnel — le film puise dans un imaginaire balisé mais parvient à le revitaliser grâce à un décor inédit pour le genre, le Liban. Par moments, derrière ses ressorts comiques, le film semble esquisser un discours sur la charge mentale pesant davantage sur les mères que sur les pères. Mais ce propos est toujours désamorcé, le drame libanais suffit à son auteur comme critique.

   mercredi 29 juillet      21 h   

 Radio Pomski livre sa dernière bataille. Cultissime radio locale, lovée dans un camping, elle ressemble à celles et ceux qui y résident à l’année et que la vie a cabossés. Alors que la menace d’une expulsion se resserre, l’antenne devient le cœur battant d’une communauté où se mêlent destins ordinaires et extraordinaires, tentatives de bonheur, et certitude fragile, qu’ensemble, tout n’est pas encore perdu. À sa manière, chacun essaie de sauver bien plus qu’un lieu : une certaine idée de l’amour et de l’amitié.  

de Alain RAOUST 
France, sortie en salle le 1er juillet 2026, 1h44

Le mot des cinémas Art et Essai

Luc Lavacherie - Scène nationale La Coursive, La Rochelle :

À l’heure où notre monde commun se noie dans un flot d’images toxiques, Alain Raoust, enfant du rock et du cinéma, laisse à nouveau surnager ses rêves de jeunesse (titre de son film précédent) pour nous offrir un vent d’espoir. Ecrit comme un concept album (chaque personnage y a sa plage), ce conte moral plein d’invention nous rappelle aux vertus des Beatles et de leur champ de fraises, des amours de jeunesse, du socialisme estival des campings, de l’analogique (ah, les disques vinyles !), des voix rocailleuses (celle magnifique de Philippe Rebbot) et du psychédélisme. Voici donc un film aussi fragile que précieux, sous ses allures modestes, il nous sauve du malheur.

   mercredi 5 août        21 h   

Tout public
Bouchra, 35 ans, cinéaste marocaine installée à New York, est paralysée par la peur de la page blanche. Un appel de sa mère depuis Casablanca ravive souvenirs et émotions enfouis. Au fil de leur échange, doux et fragile, une brèche s’ouvre, les images reviennent, les désirs aussi.
Un film en forme d’autofiction qui aborde, avec humour et tendresse, les relations mère/fille, le rapport à la création et où l’on verra comment une ourse séduit une coyote.

de Orian BARKI et Meriem BENNANI 
Maroc USA,
sortie en salle le 3 juin 2026, 1h23

Les cahiers du cinéma

Si Bouchra est une réussite, c’est que l’animation est en fait davantage que le moyen d’une distance pudique : le récit d’une déstabilisation intime y semble inséparable de la pleine affirmation d’un style. L’environnement cyberpunk assez hostile (humide, obscur) est compensé par une forme de sensualité numérique, un réalisme luisant des matières et des corps. L’assimilation de Bouchra à un imaginaire digital dont il épouse à fond l’esthétique lustrée est par ailleurs équilibrée par une bande sonore plus incarnée et enveloppante. La voix de Bouchra est spontanée, presque juvénile, toujours bienveillante envers sa mère restée à Casablanca, avec qui elle échange à distance et décortique le moment douloureux de l’aveu de son homosexualité. La série 2 Lizards créée par le binôme et diffusée sur les réseaux sociaux pendant le confinement se distinguait déjà par un univers visuellement froid, auditivement chaud, étrangement harmonieux dans ce déséquilibre dénué de coquetterie. Sous ses atours de film torturé, Bouchra s’offre comme une ode lumineuse à la compréhension mutuelle, depuis une place ultracontemporaine.

Trois couleurs

Après avoir collaboré sur la minisérie 2 Lizards, qui racontait des histoires d’animaux anthropomorphisés durant le confinement, la réalisatrice Orian Barki et la plasticienne et vidéaste Meriem Bennani s’affranchissent à nouveau d’une imagerie traditionnelle pour raconter les multiples transports et trajets (spatial, émotionnel, temporel, corporel…) d’un être complexe, pétri de désirs et échappant à bon nombre d’assignations. Une proposition visuelle qui sied intelligemment à ce que l’héroïne traverse ; elle fait exister un monde, une identité et tout un univers émotionnel inaccessibles en prise de vues réelle.

Cher·es spectatrices et spectateurs,

L’association loi 1901 Ciné 9 s’emploie à défendre et promouvoir le cinéma d’auteur et le cinéma Art et Essai dans les salles de cinéma de l’Ariège. Cette association est ouverte à tous·tes depuis sa création en 2005 et les adhérent·es sont un soutien essentiel à ce projet culturel.
Grâce à ses adhérent·es, ses spectatrices et spectateurs et ses différents soutiens, cette association peut mener à bien une ligne de programmation exigeante et une politique d’animation active : soirées débats avec réalisatrices, réalisateurs ou intervenant·es, ciné-concerts, mini festivals …
Nous avons plus que jamais besoin de vous pour continuer à faire vivre ce lieu d’échanges et de rencontres autour du cinéma.
Vous pouvez télécharger le bulletin 2026 ci-dessous ou l'obtenir au guichet de vos cinémas.

Et vous pouvez choisir d'effectuer le règlement par chèque ou espèces transmis par courrier postal ou remis à  l'association.

Il est rappelé que les projections et les animations sont ouvertes à tous·tes, adhérent·es ou non.

 

Au cinéma de Tarascon, avec la carte d'adhérent à Ciné9, vous pouvez bénéficier d'un tarif réduit à 5€ la place (au lieu de 7€) pour tous les films projetés dans ce cinéma.