Espace François Mitterrand à TARASCON

Les séances Ciné9 sont ouvertes à tout public

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mercredi 25 février | 20 h 30

 Samid et Ayaz ont 50 ans d’écart mais une passion commune : le cinéma ! Tous deux ne tarissent pas d’idées pour ressusciter le cinéma de leur village perché au milieu des collines d’Azerbaïdjan. Lorsqu’arrive enfin le Graal : une ampoule pour le projecteur commandée depuis des mois. Les habitant·e·s se serrent dans la salle… mais la magie fonctionnera-t-elle ?

 

de Orkhan AGHAZADEH

Azerbaïdjan, en salle le 21 jan 2026 | 1h20

DOCUMENTAIRE

Première : 

Né en 1988 en Azerbaïdjan, Orkhan Aghazadeh a appris le cinéma à Londres et c’est en retournant dans son pays tourner son court-métrage de fin d’études qu’il a fait la rencontre par hasard de Samid, un vieux projectionniste de l'époque soviétique, qui entend faire revenir le septième art dans le village au fin fond de nulle part où il vit. Sans se douter alors que, comme ses producteurs français de Kidam, séduit par son court, lui suggèrerait, quand il leur parle de Samid, d’en faire le sujet de son premier long métrage. 

Un documentaire teinté de fiction - il a demandé parfois à ceux qu’on voit dans sa caméra de « rejouer » des moments qu’ils ont vécues et qu’ils lui ont racontées - qui nous entraîne au cœur d’un village reculé des montagnes Talyches, quelque part entre l’Iran et l’Azerbaïdjan.

Et plus précisément dans les pas donc de cet octogénaire qui rêve de pouvoir remettre en route le vieux projecteur soviétique qu’il possède pour réunir tous les habitants de ce hameau devant un grand écran.

Sa quête – à laquelle va s’adjoindre un jeune cinéphile… et très vite quasiment tous les villageois – donne naissance à ce film malicieux et émouvant, sorte de pendant du Cinema Paradiso de Tornatore, l’idée de transmission en plus mais avec ce même désir chevillé au coeur de célébrer le septième art et surtout l’impact que peut avoir le cinéma sur les vies de chacun, cinéphile pointu comme profane absolu. Le tout en 80 minutes menées sans temps mort et fourmillant tant d’idées et de rebondissements qu’on se croit régulièrement au cœur d’une fiction, imaginée par la crème des scénaristes.

Lenouvelobs:

 Un documentaire plein d’humanité qui nous ramène aux origines du cinéma.

Pourquoi citer des noms d’« acteurs » dans la fiche technique de ce film documentaire ? Parce qu’en ressortent deux personnages et la sensation inoubliable d’un retour aux origines du cinéma. Quelque part entre l’Iran et l’Azerbaïdjan, le trentenaire Orkhan Aghazadeh filme avec modestie, humanité et un beau sens du plan, le compagnonnage entre un vieil homme, projectionniste du temps de l’Union soviétique, et un jeune féru de dessins animés, qu’il pratique avec des bouts de ficelle et contre l’avis de son entourage. Leur combat ? Remettre en route le vétuste projecteur du village et organiser une séance pour les habitants. Mission presque impossible dans cette contrée coupée du monde moderne mais qui ravive le souvenir d’une époque où, malgré l’emprise communiste et la censure, la lumière de l’écran et la flamme du vivre-ensemble éclairaient encore la communauté.

mercredi 4 mars  20 h 30

 

Mariano De Santis, Président de la République italienne, est un homme marqué par le deuil de sa femme et la solitude du pouvoir. Alors que son mandat touche à sa fin, il doit faire face à des décisions cruciales qui l’obligent à affronter ses propres dilemmes moraux : deux grâces présidentielles et un projet de loi hautement controversé.

Aucune référence à des présidents existants, il est le fruit de l'imagination de l'auteur.

de Paolo SORRENTINO

Italie, en salle le 28 janvier 2026 , 2h13

Abus de Ciné : 

Accompagné par une musique électro sporadique, semblant refléter les frissons du personnage, le film développe également grâce à des dialogues finement calibrés, des enjeux intimes plus universels, comme l’implication parfois distante dans une relation père-fille ou le deuil inconsolable de l’être aimé. Semblant mûrir un peu plus à chaque nouveau long métrage, Paolo Sorrentino traite de sujets à vue d’Homme vieillissant, et mesure ici un peu plus ses effets de mise en scène, qu’ils soient musicaux et visuels (on échappe pas à quelques ralentis signifiants), afin de mieux ausculter les tremblements d’un être qui doit tirer sa révérence et s’inventer une nouvelle vie. La grâce du titre revêt ainsi bien des aspects, pas seulement liés à la libération de prisonniers ou la décence de fins de vie, mais aussi la noblesse d’un homme capable de sortir de l’isolement de sa fonction pour mieux comprendre et écouter les autres, dont ses proches. 

ecranlarge.com :

Paolo Sorrentino s’était déjà attaqué à la politique italienne assez frontalement entre le fougueux Il Divo en 2008, portrait « barock » du sénateur Andreotti, et sa fresque berlusconienne Silvio et les autres en 2021. Avec La Grazia, il délaisse cette réalité pour brosser le portrait émouvant d’un président issu de son imagination, mais plus encore, il se détache de ses excès habituels de mise en scène. Bien sûr, La Grazia conserve une esthétique et une atmosphère toutes sorrentiniennes (décors imposants, ralentis léchés, compositions très travaillées…).

aVoir-aLire.com :

Le cinéaste signe probablement ici l’un de ses meilleurs films, tout en délicatesse entre drame intimiste et grand discours contemporain -ni trop personnel, ni trop prétentieux. Face au temps qui nous éclipse tous un jour, Sorrentino plaide le doute, l’éternel doute, et il a raison.

mercredi 11 mars  20 h 30

 

 Leshka est un adolescent qui vit dans un village isolé sur le détroit de Béring, situé entre la Russie et l’Amérique. Comme la plupart des hommes de son village, il vit de la chasse de la baleine et mène une vie très calme à l’extrémité du monde. Avec l’arrivée récente d’internet, Leshka découvre un site érotique où officie une cam girl qui fait naître en lui un désir d’ailleurs …

de Philipp  YURYEV

Russie, en salle le 28 janvier 2026 , 1h33

aVoir-aLire.com :

Prix de la réalisation à la Journée des auteurs de la Mostra de Venise en 2020, Le chasseur de baleines (The Whaler Boy) sort en France six ans plus tard, grâce à Singularis Films. Pour son premier film, Philipp Yuryev nous entraîne en Tchoukotka, région isolée de l’extrême nord-est de la Russie, où vit Leshka, un adolescent issu d’une communauté autochtone, partagé entre un quotidien sans perspectives et le fantasme d’un ailleurs inaccessible : l’Amérique, visible de l’autre côté du détroit de Béring, mais hors de portée.

Leshka passe ses journées à chasser la baleine avec son grand-père, errer avec ses amis, et rêver d’une jeune femme rencontrée en ligne qui vit, croit-il, aux États-Unis. À travers cette intrigue minimaliste, Yuryev ne raconte pas tant une histoire d’amour ou de lassitude qu’un état : celui d’un regard encore naïf, façonné par le manque, l’ennui et l’espoir d’un monde meilleur.

C’est précisément là que le long métrage trouve sa justesse. Le chasseur de baleines repose sur un décalage constant du regard : celui de Leshka, qui projette ses désirs sur un ailleurs idéalisé ; et celui du spectateur, invité à adopter un point de vue neuf sur une réalité culturelle méconnue. Le film ne cherche jamais à expliquer ou souligner : il impose un décalage, sans les grilles de lecture habituelles.

L eBleu du Miroir :

Le film n’a pas de prétention ethnographique, cependant, une séquence de pur documentaire vient aérer le récit, avant qu’il ne bascule. Ces scènes de chasse à la baleine sont aussi puissantes que cruelles. Elle font écho à un plan vertigineux situé au début du film. Un plan vu du ciel, une dépouille de baleine sur la plage autour de laquelle on s’affaire. Un lent zoom arrière introduit peu à peu à l’image la gigantesque flaque de sang qui entache les eaux côtières.

 

Il y a un sens de l’image évident chez ce jeune cinéaste, qui n’hésite pas à varier les régimes, cadres finement composés alternant avec scènes caméra à l’épaule. Le travail sur le son est aussi à noter. Ici une mélodie sautillante soutient l’espoir de Lyoshka, là une coupure brutale introduit un glissement onirique.

mercredi 18 mars  20 h 30

 

 Installées à Katmandou, Jamuna et Anmuna retournent dans leur village natal, perché dans les hauteurs de l’Himalaya. Les deux sœurs viennent prendre part avec leur famille à la périlleuse récolte du yarsagumba, une créature rare, mi-champignon, mi-insecte dont la valeur dépasse aujourd'hui celle de l'or. Pour Jamuna, cette quête sur sa terre d'origine, incarnant l'espoir d'un nouveau départ, est aussi l'occasion de retrouvailles, de réparations et d'un adieu qui la libèrera enfin.

de Alexander MURPHY

France, Népal, en salle le 18 février 2026 , 1h30

DOCUMENTAIRE

AVEC LA PARTICIATION
DE L'ASSOCIATION 
LES ENFANTS DU SURYA
Échanges après le film

aVoir-aLire.com :

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’Alexander Murphy ne se contente pas de filmer l’ascension de deux sœurs dans les montagnes du Népal, à la recherche d’un mystérieux insecte-plante. Le documentariste saisit la vie dans une succession d’images d’une véritable splendeur. Au-delà de Katmandou a tous les airs d’un film de voyage où un soin particulier est apporté à la photographie qui donne à voir des paysages absolument magnifiques. Mais il y a surtout Jamuna et Anmuna, deux sœurs unies comme les doigts d’une seule main qui, à travers cette Odyssée, mettent à l’épreuve la solidité de leur lien. On se demande comment le cinéaste est parvenu d’ailleurs à la fois à capter la beauté des paysages et saisir la bouleversante relation qui unit les deux jeunes filles. En ce sens, le film assume une mise en scène volontairement expressive où Alexander Murphy décide de raconter une histoire qui témoigne d’une dimension initiatique.

premiere.fr :

Si le découpage ultra-travaillé des premières séquences laisse penser à une fiction, c’est pour mieux ériger ces deux femmes en héroïnes de leur propre histoire. La récolte du champignon yarsagumba qui les attend n’est qu’un prétexte : l’une y cherche le courage pour annoncer à ses parents son départ imminent pour le Japon, l’autre le réconfort de ses proches face à cet abandon. À mesure que la petite troupe s’engouffre dans le brouillard, la chasse au trésor s’éclipse au profit d’un pèlerinage intime et pittoresque, hanté par la fatalité d’un au revoir. Mais au-delà de Katmandou, au cœur de ce déchirant voyage en haute altitude, les liens familiaux se révèlent bien plus inébranlables que les montagnes.

mercredi 25 mars  20 h 30

 

 Ainara, 17 ans, élève dans un lycée catholique, s'apprête à passer son bac et à choisir son futur parcours universitaire. A la surprise générale, cette brillante jeune fille annonce à sa famille qu'elle souhaite participer à une période d’intégration dans un couvent afin d'embrasser la vie de religieuse. La nouvelle prend tout le monde au dépourvu. Si le père semble se laisser convaincre par les aspirations de sa fille, pour Maite, la tante d’Ainara, cette vocation inattendue est la manifestation d'un mal plus profond …

de Alauda Ruiz de AZÚA

Espagne, France, en salle le 11 février 2026 , 1h58

abusdecine.com :

Coquille d’or du meilleur film au Festival de San Sebastian 2025,

"Les Dimanches" est une œuvre feutrée, intimiste, et pourtant d’une violence sous-jacente inouïe. Abordant un sujet plus que délicat, autour du personnage d’une adolescente (Ainara, 17 ans), la foi, le long métrage explore sa possibilité dans le monde d’aujourd’hui, la manière dont elle peut-être perçue de l’extérieur, voire même les intérêts qu’elle peut finalement servir ou contrarier

La mise en scène signée Alauda Ruíz de Azúa (l’encore inédit "Lullaby" et la série "Querer"), elle soufflera en permanence le chaud et le froid, représentant certains agissements comme limite sectaires, faisant douter jusqu’au bout de la nature de ce que cherche Ainara : une communion ou juste un réconfort. Enfonçant le clou par son dénouement et l’attitude finale de chacun des adultes, "Les Dimanches" est en tous cas un brillant plaidoyer sur la nécessité de prêter attention au mal-être des adolescents, porté notamment par la bouleversante Patricia Lopez Arnaiz ("20 000 Espèces d’Abeilles", "Lettre à Franco"). Que l’on soit croyant ou non, on ressort indéniablement de la séance profondément bousculé, le personnage principal semblant au final aussi victime de ses propres souffrances, que des projections de chacun des personnages secondaires sur sa virginité d’adolescente, qu’il s’agisse de la sœur, de ses camarades, et surtout des membres de sa famille. 

aVoir-aLire.com :

Lorsqu’Ainara annonce qu’en lieu et place de l’université, elle préfère aller au couvent et devenir nonne, sa famille s’interroge. À mesure que son choix apparaît comme une authentique vocation et pas comme une passade, les tensions s’accentuent, jusqu’à un possible point de rupture. LES DIMANCHES aurait presque pu être un thriller mais la réalisatrice Alauda Ruíz de Azúa fait le choix, payant, de n’appliquer aucun sensationnalisme à son récit. Un parti-pris ressenti jusque dans son esthétique ascétique, où la photographie semble étouffer toute couleur dans la grisaille. L’iconoclasme de la situation n’intéresse pas la cinéaste, même si ce choix de vie rare et le parcours qu’il engendre, rarement racontés, rendent son film immédiatement captivant. Elle préfère apposer un regard réaliste, quasi anthropologique, et explorer par le menu tous les questionnements que le choix de sa protagoniste déclenche. 

Une minutie d’écriture qui, pourtant, ne vient jamais cannibaliser l’émotion, comme le prouve un dernier acte particulièrement fort où la cinéaste se permet même quelques élans baroques.

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