Cher·es spectatrices et spectateurs,
L’association loi 1901 Ciné 9 s’emploie à défendre et promouvoir le cinéma d’auteur et le cinéma Art et Essai dans les salles de cinéma de l’Ariège. Cette association est ouverte à tous·tes depuis sa création en 2005 et les adhérent·es sont un soutien essentiel à ce projet culturel.
Grâce à ses adhérent·es, ses spectatrices et spectateurs et ses différents soutiens, cette association peut mener à bien une ligne de programmation exigeante et une politique d’animation active : soirées débats avec réalisatrices, réalisateurs ou intervenant·es, ciné-concerts, mini festivals …
Nous avons plus que jamais besoin de vous pour continuer à faire vivre ce lieu d’échanges et de rencontres autour du cinéma.
Vous pouvez télécharger le bulletin 2026 ci-dessous ou l'obtenir au guichet de vos cinémas.
Et vous pouvez choisir d'effectuer le règlement par chèque ou espèces transmis par courrier postal ou remis à l'association.
Il est rappelé que les projections et les animations sont ouvertes à tous·tes,adhérent·es ou non.
Au cinéma de Tarascon, avec la carte d'adhérent à Ciné9, vous pouvez bénéficier d'un tarif réduit à 5€ la place (au lieu de 7€) pour tous les films projetés dans ce cinéma.
Aujourd'hui, Alice se retrouve devant un juge et n'a pas le droit à l'erreur. Elle doit défendre ses enfants, dont la garde est remise en cause. Pourra-t-elle les protéger de leur père avant qu'il ne soit trop tard ?
de Charlotte DEVILLERS et Arnaud DUFEYS
Belgique, sortie en salle le 12 novembre 2025, 1h18
Bande à part :
Les mots, les tremblements de la voix, les regards perdus, mais cette force sourde qui la tient et l’oblige : la mère est à la fois panique et résolution. Myriem Akheddiou l’incarne de toutes ses forces, de toute son âme. Vibrante, tremblante, et la seconde d’après, outrée avant que d’être bouleversante lorsqu’elle dit la vérité. Sa vérité. Et celle de ses enfants qui ne veulent plus voir leur père. Celle de son petit garçon qui se renferme en lui-même ou explose de colère, et souffre de maux de ventre terribles. À ses côtés, mais comme séparé d’elle par un gouffre, son ex-mari tombe des nues, roule des yeux perdus, bredouille qu’il ne comprend pas, clame son innocence. Laurent Capelluto est si frontal, si convaincant dans ses dénégations, que le doute nous envahit. C’est « parole contre parole ». Et voilà que nous sommes, nous spectateurs, dans la position de la juge qui écoute et tente de se frayer un chemin vers ce qu’il faut croire ou ne pas croire.
Ce premier long-métrage coécrit et coréalisé par Charlotte Devillers, infirmière de son métier, et Arnaud Dufeys, réalisateur de courts-métrages, s’inspire du réel pour le retracer, le transcender, dans une mise en scène simple mais étourdissante, légère mais implacable. Tourné en treize jours, minimaliste et pourtant gigantesque dans son impact, dense, intense, On vous croit est une claque. Et la joue vous brûle bien longtemps après la projection.
Les Inrockuptibles :
On vous croit, c’est ce que finira par affirmer la juge à deux enfants lassés de devoir encore et toujours évoquer des souvenirs douloureux qu’ils souhaiteraient oublier. De la même manière, ils aspirent à se débarrasser de la présence de ce père qu’on leur impose, alors qu’ils refusent de le voir. Mais avant d’en arriver à cette conclusion rassurante, les Belges Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys exposent, à travers un scénario dépouillé de toute emphase, les mécanismes par lesquels la justice jauge la vérité, de manière abrupte, sans jamais prendre parti, ni pour les victimes, ni pour l’accusé.
Cahiers du Cinéma :
Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys ne visent ni la fiction d’angoisse ni la simple chronique réaliste, mais scrutent avant tout ce que l’instance judiciaire fait à un visage, celui d’une mère et d’une actrice (Myriem Akheddiou).
ENTRETIEN AVEC CHARLOTTE DEVILLERS ET ARNAUD DUFEYS, RÉALISATEURS :
Dès le départ de l’écriture, nous nous sommes rendus compte à quel point dans les parcours de justice, les audiences sont naturellement structurées selon les mêmes ingrédients qu’un film de fiction ou une pièce de théâtre : l’ordre dans lequel s’effectue les prises de paroles permet une tension croissante, avec des révélations progressives. L’audience a donc été retranscrite selon les différents récits que nous avons recueillis et qui ont tous certaines similitudes. Ce que nous avons davantage fictionnalisé, c’est les scènes qui précèdent et qui suivent cette audience. Nous les avons construites de manière à s’immerger au maximum dans le parcours émotionnel d’Alice, entre son sentiment initial de culpabilité et la réappropriation de son rôle de mère à la sortie de l’audience.
Prix de la mise en scène : Kleber MENDONÇA FILHO
Prix d'interprétation masculine : Wagner MOURA
Brésil, 1977. Marcelo, un homme d’une quarantaine d’années fuyant un passé trouble, arrive dans la ville de Recife où le carnaval bat son plein. Il vient retrouver son jeune fils et espère y construire une nouvelle vie. C’est sans compter sur les menaces de mort qui rôdent et planent au-dessus de sa tête…
de Kleber MENDONÇA FILHO
Brésil, en salle le 17 décembre 2025, 2h40
Fanceinfo Culture :
Au Festival de Cannes 2025, ce fut treize minutes de standing ovation pour Kleber Mendonça Filho et son équipe après la projection de son dernier opus, O agente secreto (L'Agent secret), une œuvre d'une rare originalité qui sort dans les salles mercredi 17 décembre. Le film s'ouvre sur un succès musical de 1977 au Brésil. Deux personnes échangent en off sur ce titre qui fait danser tout le pays. Une discussion banale, mais la situation ne l'est pas. Le pays est tenu d'une main de fer par une dictature militaire depuis 1964.
À l'écran, rien ne transparaît de ce régime, sinon le portrait officiel du président et des flics ripoux, mais l'atmosphère demeure suffocante, oppressante. Il règne une forme d'urgence anxiogène, sombre, que seule la solidarité arrive à illuminer par intermittence. Kleber Mendonça Filho signe avec O agente secreto un thriller politique subtil et poétique. Et Wagner Moura qui incarne Marcelo, un quadragénaire fuyant une menace diffuse, est bluffant de justesse et de présence. L'acteur brésilien, dont la notoriété a explosé après son interprétation de Pablo Escobar dans la série Narcos diffusée sur Netflix, porte le film de bout en bout. L'acteur ne cache pas sa joie de tourner chez lui, au Brésil, et dans sa langue maternelle, en portugais.
Positif :
"L'Agent secret" est un film sur le plaisir du faux-semblant, sur la beauté d'un sens qui se dérobe. Dans une époque saturée d'opinions et de récits, Mendonça Filho propose une résistance par la mémoire.
Ours d'Argent de la Meilleure réalisation
Huo MENG
Chuang doit passer l’année de ses dix ans à la campagne, en famille mais sans ses parents, partis en ville chercher du travail. Le cycle des saisons, des mariages et des funérailles, le poids des traditions et l’attrait du progrès, rien n’échappe à l’enfant, notamment les silences de sa tante, une jeune femme qui aspire à une vie plus libre.
de Huo MENG
Chine, sortie en salle le 24 décembre 2025, 2h15
Télérama :
Cette fresque rurale dans la Chine des années 1990 fascine par sa photographie et sa manière, faussement naturaliste et finalement très lyrique, de réunir des dizaines de personnages dans le cadre, les laissant vivre aux premier, deuxième ou troisième plans, dans des compositions d’une vitalité folle et une richesse anthropologique passionnante. Un vrai tour de force. À noter que ce Temps des moissons, qui brasse traditions, injonctions à la modernité, politique de l’enfant unique et tensions politiques sous-jacentes, se retrouve, depuis sa projection à Berlin, sous le coup de la censure chinoise et ne sera visible que dans les salles françaises, le 24 décembre.
ABUS de CINÉ :
Délicate chronique d’un monde rural amené à disparaître, comme le monde de cet enfant qui en est l’observateur, "Le Temps des Moissons" bénéfice d’une superbe photographie mettant en valeur les paysages agraires où l’on tente de construire un mausolée en bord de champs, comme d’étranges endroits tels que cette sorte d’ancien four circulaire où sont récupérées des briques. Une chronique douce-amère, intéressante ne serait-ce que pour son aspect anthropologique.
Quelques mots du réalisateur, Huo MENG :
Je voulais montrer comment, lorsque les politiques collectivistes se sont confrontées aux traditions millénaires, les Chinois ont été forcés de transformer profondément leur mode de vie. Je voulais également mettre en lumière les pressions immenses qu’ont subies les femmes chinoises, tant socialement que physiquement. Elles en sont restées marquées durablement et de manière irréversible. Ce sont des sujets vastes, mais abordés par le biais d’histoires individuelles vécues par chaque membre d’une même famille.
La trajectoire intime d’une famille dont les parents se séparent. En l’espace d’une année, entre légèreté de l’instant et profondeur des sentiments, se tisse un portrait doux-amer de l’amour, traversé de fragments tendres, joyeux, parfois mélancoliques. Un regard sensible sur la beauté discrète du quotidien et le flot des souvenirs qui s’égrènent au rythme des saisons.
de Hlynur PÁlMASON
Islande, en salle le 17 décembre 2025, 1h49
Fanceinfo Culture :
Présenté en ouverture de Cannes Première au Festival de Cannes 2025, ce nouveau film de Hlynur Palmason parvient à saisir l'insaisissable complexité des relations humaines, dans le cadre du couple et de la famille. Sans grande tension dramatique, la caméra ausculte avec tendresse le quotidien d'une famille dans laquelle le couple se défait en douceur.
La découpe chirurgicale d'une plaque de métal qui rouille et imprime sa trace sur une toile, des câbles qui charrient des filets gorgés de harengs, de l'eau qui claque sur le pont, rouge sang, des myrtilles qui dévalent en cascade dans un panier, puis sont pressées, mains tachées de leur jus noir, pour en faire des confitures, la pression des doigts pour ouvrir à cœur les champignons… La caméra et les micros saisissent la matière du monde dans lequel vit cette famille, pour mieux dire les sentiments de ses personnages ou du temps qui passe.
Les Inrockuptibles :
Avec "L’Amour qu’il nous reste", tourné sur ses terres, avec ses propres enfants, il réalise un nouveau film d’époque (la nôtre) avec exactement la même attention émerveillée que celle de son prêtre faisant la découverte d’une île.
Abus de Ciné :
Chapitré par saisons, d’un printemps à l’autre, "L’Amour qu’il nous reste" se pare aussi d’un humour à froid, grâce notamment à quelques passages oniriques représentant ces choses que l’on peut parfois s’imaginer, notamment par désir qu’un karma vienne rétablir une certaine justice [...].
ENTRETIEN avec HLYNUR PÁlMASON ; réalisateur :
Je préfère me mettre au travail sans idées trop précises à l’avance, pour garder autant d’honnêteté et de spontanéité que possible dans mes films, en restant au plus proche de l ’expérience humaine réelle.
Quant aux sujets, je brasse toujours large.
Celui-ci parle de la nature, de ce que l’on construit, reconstruit ou détruit,
de ce qui nous rassemble et nous sépare, de problèmes de communication et de sentiments contraires.
Mais en son cœur, c’est d’abord une œuvre sur la famille, dans
le prolongement de mes courts et longs métrages précédents.