Tout public
À Svilengrad, une petite ville à la frontière bulgare, aux confins d’une Europe délaissée, Veska, archéologue, renoue avec Said, un ami d’enfance, dont la voiture vient d’être volée. En voulant l’aider, Veska glisse progressivement au cœur d’une société criminelle dont l’emprise règne sur la ville. Veska va devoir affronter ce monde à la fois trouble et dangereux.
de Valeska Grisebach
France, sortie en salle le 15 juillet 2026, 2h44
Prix du Jury – Festival de Cannes 2026
Franceinfo culture
Par petites touches, la réalisatrice de Western, en sélection Un certain regard à Cannes en 2017, peint un tableau sans concession de la Bulgarie post-communiste. Dans ce drame des temps modernes, trois amis d'enfance se retrouvent dans des conditions inédites : Iliya, Saïd et Veska. Le premier, devenu le chef de la mafia locale, voit son autorité contestée par la nouvelle génération. Saïd, au passé trouble, tient à son indépendance et refuse de s'associer à nouveau avec Iliya. Veska, liée à Saïd par amitié, s'insurge à sa manière douce et tranquille contre le patriarcat.
L'Atalante Bayonne
Jouer avec les codes du genre, la cinéaste allemande Valeska Grisebach s’y attelle de manière passionnante dans L’AVENTURE RÊVÉE (à l’instar du très beau WESTERN en 2019). Sorte de polar taiseux, qui observe plus qu’il n’explique, le film avance subrepticement, par tâtonnements, par petites touches, aux côtés d’un personnage féminin unique en son genre d’archéologue. Veska, du haut de ses soixante ans, n’hésite pas à tenir tête à des hommes façonnés par des décennies de pratiques sexistes et de codes misogynes, à l’image de ces petits mafieux qui font régner la loi dans cette zone frontalière de la Bulgarie. Yana Radeva, impressionnante comédienne non-professionnelle, incarne à travers Veska une lignée de femmes puissantes, issues de pays livrés à l’abandon, fermement décidées à lutter contre cette domination. A l’image de sa compatriote Maren Ade (TONi ERDMANN) ou d’Eva Trobisch (avec HOME STORiES programmé sur cette gazette), Valeska Grisebach incarne une assez passionnante nouvelle vague de la modernité allemande.
avec Gaël MEVEL, violoncelliste de la Compagnie Rives
Soirée recommandée par Ciné9
Tout public
L'essor des grands magasins au siècle dernier à travers l'histoire d'une orpheline qui monte à Paris pour travailler chez son oncle marchand de draps.
de Julien DUVIVIER
France, sortie en salle en 1930, 1h25
Au Bonheur des Dames est un film français de Julien Duvivier.
Réalisé en 1930, d'après le roman Au Bonheur des Dames d'Émile Zola, il s'agit de son dernier film muet.
En 1943, le cinéaste André Cayatte tourne une autre adaptation d'Au Bonheur des Dames.
Dans un village cotonier du Soudan, l'adolescente Nafisa est élevée au milieu des récits héroïques de la lutte contre les colonisateurs britanniques racontés par sa grand-mère, la matriarche du village, Al-Sit. Mais lorsqu'un jeune homme d'affaires arrive de l'étranger avec un nouveau plan de développement et du coton génétiquement modifié, Nafisa se retrouve au centre d'un jeu de pouvoir qui déterminera l'avenir du village. Prenant conscience de sa propre force, Nafisa se lance dans une quête pour sauver les champs de coton – et elle-même. Ni elle ni sa communauté ne seront plus jamais les mêmes.
de Suzannah MIRGHANI
Soudan, sortie en salle le 7 juillet 2026, 1h35
abusdecine.com :
Pays en proie à la guerre civile depuis 2023 à la cinématographie encore rare, le Soudan était représenté à la Semaine de la critique du Festival de Venise 2025 par "Cotton Queen", portrait d’une jeune ouvrière agricole, déterminée, comme elle le dira tardivement à décider « de son futur ». Tournant autour d’une nouvelle forme de colonialisme, celle des grandes entreprises productrices d’OGM, représentées ici par Mr Tajini, qui ne cherche pas ici qu’à faire commerce, mais aussi à trouver compagne, le scénario aborde également en arrière plan d’autres sujets tels que le passé de la propriétaire, entourée de légendes, et la tradition plus ou moins persistante de l’excision
Cotton Queen" assume son très beau noir et blanc, pour représenter la souffrance des femmes. Celle de la grand mère, synonyme d’indépendance, elle la porte dans la peau, avec ses cicatrices aux joues et aux mains, dont on découvrira l’origine à un moment du film. Alors que, épuisée, la question de sa succession devrait bientôt se poser, le film convoque un mélange de douceur de vivre (les baignades d’après cueillette…) et la pression d’un monde extérieur prêt à tout écraser par s'approprier la richesse des lieux. Un beau portrait de femme.
Tout public
À Svilengrad, une petite ville à la frontière bulgare, aux confins d’une Europe délaissée, Veska, archéologue, renoue avec Said, un ami d’enfance, dont la voiture vient d’être volée. En voulant l’aider, Veska glisse progressivement au cœur d’une société criminelle dont l’emprise règne sur la ville. Veska va devoir affronter ce monde à la fois trouble et dangereux.
de Amel GUELLATY
Tunisie, sortie en salle le 15 juillet 2026, 1h40
Abus de Ciné
Découvert lors du festival des Cinémas du Sud à l’Institut Lumière, le magnifique "D’où vient le vent", est une ode à la liberté d’une jeunesse tunisienne sous contraintes et un encouragement clair à prendre son destin en main. Introduisant en quelques jolies scènes, les caractères différents des deux protagonistes, deux amis dans la vingtaine, Alyssa, spontanée et téméraire, et Mehdi, réservé et franc, Amel Guellaty les embarque tous les deux dans un road movie sensible et poétique, que l’on recommande chaudement. En effet, le métrage est à la fois drôle (les différents obstacles à leur périple, et les manœuvres pour les dépasser...) et politiquement courageux, dénonçant avec une certaine acuité les blocages auxquels sont confrontés les jeunes tunisiens : absence de débouchés, lourdeurs administratives, crise économique, mépris de classe, services défaillants, corruption, copinages…
Mais au-delà de ces thématiques, qui créent quelques comiques de situations bien sentis, c’est aussi la situation de la femme qui est représentée, par le portrait rapidement de la mère, l’instance d’un garagiste intéressé, les regards sur les tenues légères, les réputations de filles faciles, la parole mise en doute lors d’agressions…
Si "D’où vient le vent" séduit autant, c’est que sous la comédie sociale se cachent des montagnes de poésie, qui percent par moments au travers des petites histoires que conte Mehdi sur les étoiles, les nuages, les vagues, le vent… Et que la mise en scène de Amel Guellaty se permet de belles audaces, prenant ponctuellement des aspects fantastiques... Ces moments de légèreté ou de douceur contrastent avec bonheur avec le reste d’un récit, comique mais porteur d’un fond plus âpre, ou plus dur lorsque le conflit arrive.
Inattendu dans sa double conclusion, "D’où vient le vent" est au final un portrait délicieux et drôle d’une jeunesse en mouvement, teinté d’une irrésistible poésie aussi libre que le vent.
Tout public
Ella et son frère Charlie sont réveillés en pleine nuit par leur père. Sans explication, il les embarque pour un long voyage sur les routes du Midwest. Alors que les deux jeunes enfants découvrent un monde qu’ils n’ont jamais vu, leur père demeure mutique et soucieux. Ella commence alors à entrevoir la vérité derrière ce voyage improvisé…
de Cole WEBLEY
États-Unis, sortie en salle le 22 juillet 2026, 1h23
aVoir-aLire.com :
Ce voyage familial forcé vers le Nebraska est bouleversant de beauté et de gravité, porté notamment par un John Magaro saisissant dans le rôle d’un père vacillant, au bord du vertige.
Konbini :
Un road movie tranchant et bouleversant qui touche en plein coeur et qui souligne une déchirante réalité sociale heurtant de nombreuses familles américaines.
La Septième Obsessioni :
Le film porte un récit depuis des points de vue fragiles, antihéroïques et antispectaculaires, d’une sincérité désarmante. Il pose un regard sur une société américaine effondrée, jetant sur la route et forçant à l’abandon ceux qui en sont rejetés.
La Maestra et Paula, deux amies inséparables, sont les meilleures nageuses de leur équipe. Jusqu’à ce qu’un évènement traumatique, survenu au cours d’une soirée, les oblige à choisir entre garder le silence et prendre la parole, quitte à mettre leur amitié à rude épreuve…
de Fernanda TOVAR
Mexique, sortie en salle le 12 août 2026, 1h30
Cahiers du Cinéma :
Chicas tristes surprend globalement par la délicatesse de sa mise en scène [...] l’une des plus belles propositions tient à l’incarnation d’un corps commun de l’amitié féminine entre Paula et La Maestra (Rocio Guzmán).
Les Echos :
La réalisatrice mexicaine signe l'une des meilleures surprises du mois avec ce premier film sur deux jeunes filles confrontées à une épreuve douloureuse.
Abus de Ciné :
Un film nécessaire et à hauteur d'ado, qui a obtenu les prix du jury international et du jury jeunes dans la section Generation 14Plus du Festival de Berlin 2026.
Franceinfo Culture :
Avec ce premier film, Fernanda Tova aborde la question du viol avec pudeur, sans voyeurisme, et sans occulter la gravité de l'événement. Le film se déploie dans une économie de mots, où la détresse se lit dans le regard, dans le corps.
"Je voulais que le film montre un refus catégorique de renoncer à notre droit à l'espace et à la poursuite de nos rêves", souligne la réalisatrice. Comment sortir la tête de l'eau ? Comment retrouver ces petits "miracles du quotidien" qui pimentaient leur vie d'avant ? C'est tout ce cheminement que raconte ce premier long-métrage de Fernanda Tovar, salutaire, servi par Darana Alvarez, Rocio Guzman, deux jeunes actrices mexicaines exceptionnelles.
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